Article tagué sondages
DSK, le retour ?
17/07/11
Devant une majorité de Français douteuse sur ses chances de revenir en politique, le nouveau statut de DSK reste encore difficile à cerner. Quel rôle jouera-t-il dans les primaires socialistes et dans la présidentielle de 2012 ?
Alors que depuis deux ans, le Parti socialiste vivait dans l’attente de DSK, le présidentiable déchu et l’ex-idole des sondages a aujourd’hui face à lui une opinion sceptique sur ses chances de retour dans le jeu politique.
Ce doute s’explique tout d’abord par le caractère non définitif de la séance du 1er juillet : même si l’ancien directeur du FMI se dirige à grands pas vers le non-lieu, il n’est pas encore totalement blanchi. Mais surtout, quelle que soit l’issue de l’affaire DSK, une partie de l’opinion semble réticente après un feuilleton qui a mis en lumière son rapport insistant avec les femmes et son train de vie hors-norme.
DSK quitte le tribunal de Manhattan le 1er juillet, qui vient de lever son assignation à résidence
Même si DSK peut sortir blanchi de cette épreuve, il n’en sortira pas indemne. Il lui sera difficile de remonter au front une fois le combat judiciaire gagné. Dans sa longue carrière, faite de grands hauts et d’importants plongeons, il a montré que les ressorts de son ambition ne se détendaient jamais très longtemps. Il avait déjà été attaqué au sein de la famille socialiste en 2000, s’en est sorti et a vite retrouvé l’ivresse de la conquête.
Mais aujourd’hui le problème est différent : c’est sa vie intime qui a été attaquée. Ainsi, ceux qui dans son entourage le voient déjà revenir aux avant-postes ne semblent pas prendre conscience de ce facteur personnel qui sera décisif. La date de son retour sème aussi le doute même si même si on s’attend à le revoir en France avant fin août.
Revenir, c’est aussi bousculer tous ceux qui, au PS, ont été contraints d’improviser sans lui. Au premier plan, Martine Aubry qui s’était un moment écartée avant de revenir dans la course à la primaire pour devenir une candidate de substitution. Pour s’imposer au début de l’année comme le meilleur présidentiable du PS, DSK s’était appuyé sur les sondages très favorables. Les partisans de DSK rappellent ainsi qu’il serait insensé de se priver du meilleur candidat PS, et demandent une candidature exceptionnelle aux primaires après la date limite de dépôt.
L’éprouvante mise en accusation de DSK face à la justice américaine et sa probable arrivée tardive pour les primaires PS rendent donc son avenir politique très incertain. Toutefois, même sans jouer un rôle direct dans la campagne, l’ex-directeur du FMI peut compter sur des soutiens au sein du PS et continuer à influencer le parti. Pour les présidentielles, il pourrait apporter son soutien à Martine Aubry, ce qui permettrait de ressouder les deux camps. Une chose est sûre : l’affaire DSK n’a pas fini de rebondir et l’ombre de DSK risque de peser sur l’échéance de 2012.
A vous de jouer :
DSK sera-t-il de retour en France avant le 15 août ?
On parie que les sondages se trompent ?
19/03/11
Les sondages Harris Interactive plaçant Marine le Pen en tête du premier tour selon plusieurs cas de figure ont relancé le débat sur les sondages et leur fiabilité. Quels rôle jouent-ils ? Pourquoi remet-t-on en cause leur fiabilité ? Et si parier était plus efficace que sonder ?

Les sondage plaçant Marine le Pen en tête du premier tour a relancé le débats sur la fiabilité des sondages
S’imposant sur la scène politico-médiatique française dès 1965, les sondages n’ont cessé de structurer le débat politique, tout en étant remis en question. Certains considèrent les sondages comme une construction d’une prétendue opinion publique (Pierre Bourdieux) et posant les question que les sondés ne se posent pas forcement. En 1972, dans Le Monde, l’académicien Maurice Druon dénonçait ainsi une » pollution de la démocratie » créant une » manipulation de l’opinion « . Il est ainsi sous-entendu que le sondage joue lui-même un rôle dans l’élection, mais reste à savoir lequel. Certains prétendent qu’on a davantage tendance à voter pour les candidats bien placés dans les sondages (théorie du bandwagon), d’autres affirment le contraire (effet underdog).
Les sondages, dont leur nombre n’a cessé d’augmenter à chaque nouvelle élection française, visent à donner une photographie de l’opinion à un moment donné. Il s’agit de choisir un échantillon le plus représentatif possible de l’électorat : âges, professions, revenus, situations familiales, localisations géographiques sont pris en compte. Les cibles sont directement interrogées par les sondeurs (téléphone, visite) pour avoir un aperçu le plus fidèle possible. Des calculs statistiques permettent ensuite une extension nationale des résultats à partir de milliers de sondés. Des corrections, comme le « redressement des résultats bruts » sont alors effectuées. On cherchera par exemple à estimer le nombre de sondés ayant l’intention de voter pour le FN mais n’ayant pas osé le révéler lors de l’interview.
Tout ceci est bouleversé avec l’arrivée des sondages en ligne, moins coûteux, qui se font alors sur la base du volontariat. Mais la leur pertinence est questionnée : la logique même d’un sondage suppose que l’on tire au sort ; en n’interrogeant que des volontaires, on fausse le jeu. Les détracteurs des sondages en ligne pointent également du doigt la présence de récompenses offertes aux sondés qui créeraient un biais dans la participation.
Une nouvelle façon d’anticiper les élections peut-être en train d’émerger. En 2010, le site Prédipol lancé par le Figaro lance des paris pour prédire les résultats des élections régionales. Le jeu prédictif se libère fondamentalement des difficultés des sondages : il ne s’agit plus de sélectionner des échantillons pour mesurer les intentions de vote, mais tout simplement de demander à l’internaute ce qu’il arrivera selon lui. Se basant sur la « sagesse des foules », les plateformes prédictives, comme Predicti, se révèlent souvent d’une précision surprenante. En outre, elles présentent des avantages pratiques comme l’aperçu des tendances en temps réel ou un faible coût comparé à celui des sondages.
Elections de mi-mandat : rendez-vous périlleux pour les démocrates
29/10/10

Le 2 novembre prochain ont lieu les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Il s’agit deux ans après l’élection du président de renouveler la Chambre des Représentants, un tiers du Sénat et le mandat de certains gouverneurs. Le scrutin prévoit d’être sévère pour les démocrates.
Les élections de mi-mandat sont souvent un passage délicat pour les présidents Américains. Cette fois-ci ne dérogera pas à la règle. Les Américains voteront mardi prochain pour renouveler la Chambre des Représentants jusque-là majoritairement démocrate (255 démocrates contre 178 républicains), ainsi qu’un bon tiers des sénateurs élus pour 6 ans. D’autres scrutins auront lieux dans certains Etats pour élire gouverneurs et élus locaux.
Un vote contre le chef de l’Etat
A en croire les récents sondages, les démocrates ont déjà perdu. Les votes n’exprimeront pas tant la volonté de redonner le pouvoir aux Républicains que la contestation du président actuel. Barack Obama, au plus bas dans les sondages (48 % d’opinions favorables), n’a pu éviter de se faire des ennemis au cours de ses deux années de mandat. Arrivé au pouvoir en pleine crise économique en 2008, le président démocrate doit encore faire face à un taux de chômage frôlant les 10%, une dette en perpétuelle augmentation et un taux de pauvreté en progression. Le capital popularité du président s’est réduit au fil de ses interventions : la réforme du système de santé impopulaire, la prise de position controversée dans la polémique du Ground Zero, le plan d’action contre la marée noire jugé inefficace…
Les républicains séduits deux ans plus tôt par le message d’espoir envoyé par le premier président noir retournent dans leur camps déterminés à lui montrer leur mécontentement.
Alors, quelle sanction ?
La question est de savoir jusqu’où ira la revanche républicaine. « Les Republicains arrivent » prévient The New Republic dans son édition du 28 octobre. Le Los Angeles Times envisage trois scénarios possibles. Le premier verrait les démocrates freiner l’hémorragie au point de réussir à garder le contrôle au Congrès. Le deuxième accorde la Chambre des représentants aux républicains, mais le Sénat aux démocrates (le Sénat n’etant renouvelé qu’au tiers). Enfin, le pire scénario pour les démocrates serait une majorité républicaine dans les deux chambres. Le moins que l’on puisse dire est que le scrutin s’annonce périlleux pour les démocrates.
Le Tea Party s’invite au rapport de force
Le mouvement du Tea Party, né au début de la présidence d’Obama, est décidé à se faire entendre à l’occasion de ce scrutin. Profondément opposés au gouvernement en place, ses partisans ultra-conservateurs estiment que le pays sombre de plus en plus dans un «socialisme» qui ne lui ressemble pas et en tiennent l’actuel président pour responsable. Si le Tea Party canalise la ferveur contre le gouvernement du côté républicain, le mouvement se révèle être une épée à double tranchant. Ce fut notamment le cas lors des primaire républicaines pour l’Etat du Delaware, à l’occasion desquelles la Christine O’Donnell, proche du Tea Party, a battu le représentant au Congrès Mike Castle.

Qui remplacera Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie ?
Après sept années passés sous la direction du gouverneur Arnold Schwarzenegger, les Californiens sont appelés aux urnes pour élire son successeur. L’enjeu est important car la Californie est l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, mais c’est aussi l’un des Etats le plus durement touché par la crise économique avec un taux de chômage particulièrement élevé (13% soit 3,5 points de plus que la moyenne nationale). Jerry Brown, candidat démocrate de 72 ans, ancien maire d’Oakland déjà élu gouverneur à deux reprises est opposé à Meg Whitman, candidate républicaine de 54 ans, milliardaire et ancienne PDG d’Ebay. A une semaine de l’élection, les sondages montrent que la tendance est favorable au candidat démocrate.
Christine O’Donnell sera-t-elle élue au Delaware ?
Christine O’Donnell est la candidate républicaine soutenue par le Tea Party pour l’élection sénatoriale de novembre 2010 au Delaware. La candidate républicaine est remarquée pour ses propositions extrêmes comme la criminalisation de la masturbation et de l’adultère, l’interdiction de l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, ou encore la suppression de l’impôt sur le revenu.
O’Donnell a certes largement battu le candidat républicain modéré lors des primaires du Delaware, mais les sondages lui prédisent de faibles chances d’election face au démocrate Chris Coons. Son extrémisme risque d’effrayer les électeurs républicains modérés qui préféreraient alors voter pour le candidat démocrate. Mais O’Donnell promet une surprise : « Ne sous-estimez jamais le pouvoir du peuple. »
A vous de jouer :
Qui aura la majorité à la Chambre des représentant à l’issue des élections de mi-mandat aux EU ?
Qui aura la majorité au Sénat à l’issue des élections de mi-mandat aux États-Unis ?
Qui remplacera Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie ?
Elections de mi-mandat (EU) : Combien de sièges remporteront les candidats du Tea Party au Sénat ?
Dilma Rousseff peut-elle perdre les présidentielles brésiliennes ?
28/10/10
Les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes dimanche pour désigner le successeur du président Lula.
Un second tour, un revers ?
Contre toute attente, la candidate Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT), n’a pas été élue dès le 1er tour de l’élection présidentielle au Brésil. La dauphine et ancienne directrice de cabinet du très populaire président Lula a obtenu 46,91% de suffrages favorables et a été ainsi mise en ballotage par le social-démocrate (PSDB) José Serra fort de ses 32,61%.
La campagne du second tour a mal commencé pour Dilma Rousseff dont l’avance sur son adversaire, José Serra se réduit. Convaincue de l’emporter au premier tour, l’ancienne ministre a sous-estimé l’impact des révélations sur sa vie privée et des accusations dont elle fut victime. L’intervention des courants catholiques et évangélistes en faveur du candidat social-démocrate vient encore désorganiser sa campagne électorale.
Une avance confortable
Le recul de Dilma Roussef doit cependant être nuancé. Un sondage de l’institut Datafolha diffusé mardi soir donnait encore un écart de 12 points entre les deux candidats, créditant Dilma Roussef de 56% des voix contre 44% pour Serra.
L’enjeu du second tour sera aussi d’attirer les 20 % d’électeurs du Parti vert qui ont voté pour Marina Silva. Malgré son passé au PT et au gouvernement Lula, celle-ci a refusé de soutenir Dilma Rousseff et laisse donc ses électeurs décider seuls de l’issue de l’élection.
A vous de jouer :
Dilma Rousseff sera-t-elle élue au second tour des élections présidentielles au Brésil ?
Inconnu à Matignon
20/09/10
Alors que le remaniement devrait intervenir dans quelques semaines, on ignore qui remplacera François Fillon à la tête du gouvernement. A l’heure où la place du prochain Premier ministre devient sujet aux pronostiques, voici un bref état des lieux.
François Fillon toujours premier ministre ?
A la question : « Souhaitez-vous qu’à l’issue du prochain remaniement gouvernemental François Fillon reste Premier ministre ? », les Français répondent « Oui » à 55%, selon le sondage de l’IFOP pour le JDD. De même, une majorité écrasante des électeurs de l’UMP (86%) souhaitent son maintien.
Irremplaçable, François Fillon ? Nicolas Sarkozy a devant lui « un choix cornélien », pour reprendre l’expression d’un membre de l’équipe dirigeante du parti. S’il le garde, le président ne donnera pas l’image du tournant attendu, et risque de manquer l’occasion de rebondir dans les sondages. S’il le change, il devra trouver une contrepartie crédible pour faire passer cela dans l’opinion et son propre parti.
Jean-Louis Borloo ?
Il fait parti des ministres les plus cités pour remplacer François Fillon. Le charismatique ministre pourrait donner une image plus positive du gouvernement en sursis, et envoyer un « signal vert » qui désorganiserait l’opposition.
Michèle Alliot-Marie ?
Contrairement à M. Borloo, la ministre de la Justice a aux yeux des français la stature d’un premier ministre. Ce serait alors le choix de la crédibilité sur la popularité. D’après un sondage paru dans le JDD, 41% des personnes interrogées estiment que Michèle Alliot-Marie ferait un «bon premier ministre».
Christine Lagarde ?
Mme Lagarde bénéficie d’une image de grande compétence dans le domaine économique, confortée par la crise, mais la ministre a déclaré de ne pas se sentir prête à occuper cette nouvelle fonction.
Une autre personne ?
N’ayant pas de choix miracle, le président pourrait choisir de créer la surprise et faire ainsi diversion sur les sujets qui fâchent (expulsions de Roms, affaire Woerth-Bettencourt). Mais sa marge de manœuvre reste assez limitée ; un nouveau faux pas risque de coûter cher alors que l’échéance de 2012 se rapproche.
A vous de jouer :
Qui sera le prochain 1er Ministre lors du remaniement ministériel annoncé en octobre ?





