Sarah Palin, maître du monde ? L’ancienne gouverneure de l’Alaska se prépare pour la présidentielle de 2012. Son objectif : battre Obama.

Une du Courrier International du 27 Janvier 2011

Deux ans après avoir  été porté au pouvoir par une vague d’espoir et la soif de changement, Barack Obama et son administration ont été sévèrement sanctionnés par les électeurs en novembre dernier lors des traditionnelles élections de mi-mandat. En effet, la majorité démocrate à la Chambre des représentants a été engloutie par un raz de marée républicain engendrée par une vague anti-Obama. Désormais tous les regards se portent sur le prochain rendez-vous électoral, les élections présidentielles de 2012. Le président Obama, fragilisé par l’impopularité de ses reformes,  essayera sans doute de prolonger son mandat à la Maison-Blanche face au candidat républicain.

Nombre d’analystes politiques voient en Sarah Palin, colistière de John McCain lors des élections présidentielles de 2008 et ancienne gouverneure de l’Alaska, l’opposante républicaine d’Obama en 2012. Mais elle devra d’abord remporter l’investiture aux primaires du Parti Républicain, qu’elle pourrait décrocher grâce à son immense popularité dans son camp bien que les sondages lui laissent, pour l’instant, aucune chance de gagner la présidence face à Obama. Et, même si en deux ans, l’ex-candidate à la vice-présidence est devenue une personnalité politique incontournable et est magistralement installée dans le paysage médiatique américain, elle agace autant qu’elle fascine. Ses nombreuses et virulentes attaques envers le gouvernement mais aussi ses lapsus et néologismes lui font, peu à peu, perdre toute crédibilité en tant que présidentiable en font plus une provocatrice qu’une véritable candidate.

Le caractère le plus remarquable dans la trajectoire de Sarah Palin depuis 2008, c’est la dérive progressive de son positionnement vers la droite. Autrefois une républicaine modérée, elle est aujourd’hui beaucoup plus ouvertement conservatrice. En surfant habilement sur la vague anti-Obama, Palin a su faire des choix stratégiques et a surtout su anticiper et instrumentaliser la montée du Tea-Party. Son idéologie, à droite toute, basée sur des principes nationalistes, familiaux et religieux pourrait séduire une majorité d’Américain touchés de plein fouet par la crise, le chômage et déçu par la politique d’Obama.

Bien que sa popularité s’accroit dans le camp conservateur comme dans tous les Etats-Unis,  elle préfère laisser encore planer le doute sur ses intentions pour 2012.

« Sarah Palin, maître du monde ? Vous allez penser que nous exagérons. Pourtant, à moins de deux ans de la présidentielle américaine, il ne faut pas sous-estimer l’ex-gouverneure de l’Alaska. Beaucoup d’électeurs peuvent être tentés, après l’expérience de l’intellectuel noir Obama, de placer à la Maison-Blanche un tout autre modèle. Quelqu’un de très blanc, très américain, très simple, très rassurant. Et très inquiétant, bien sûr. » Extrait de l’EDITO de Philippe Thureau-Dangin pour Courrier International du 27 Janvier 2011

A vous de jouer :

Sarah Palin sera-t-elle le prochain président des Etats-Unis ?

Qui sera le candidat républicain aux élections présidentielles de 2012 ?