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Revue de presse : Se défaire de Kadhafi
7/03/11
Même si ils sont unanimes dans la condamnation des crimes de Kadhafi, les Occidentaux restent hésitants et divisés quant aux moyens à mettre en œuvre pour aider la population et chasser le dictateur qui menace d’un bain de sang. En effet, les moyens de l’Occident pour protéger les révoltés libyens et secourir les réfugiés sont limités et difficiles à mettre en œuvre. Alors que le colonel Kadhafi se maintient dans son réduit de Tripoli, faisant redouter une partition du pays, plusieurs navires de guerre arrivent au large des côtes libyennes même si pour le moment personne ne mise sur l’option militaire. Le but de ce mouvement naval est avant tout humanitaire, pour aider à des évacuations et l’opposition libyenne. Les déclarations des différents pays favorables à la chute du tyran libyen servent aussi à faire oublier le temps où celui-ci était un partenaire économique, notamment pour les ressources pétrolières de la Libye, mais aussi considéré « comme un ami ».

- Une du journal Libération

- « Vous devriez lire mon Livre vert ! » Dessin de Marlène Pohle

- Dessin de Burki paru dans 24 Heures

- Dessin de Gado paru dans The Nation
De gauche à droite, Barroso : « La situation en Libye est inacceptable ! » ; Sarkozy : « D’une façon ou d’une autre, il faut qu’il parte ! » ; Obama : « Kadhafi doit partir immédiatement ! » ; Cameron : « Oui, et nous allons geler ses avoirs ! » ; Merkel : « Nous devons appliquer des sanctions ! » ; Berlusconi : « Kadhafi doit partir ou nous allons utiliser la force militaire… »
Au centre, hilare : Kadhafi. Petite bête : « Et qui va prendre sa place ? »
Libye, Yémen, Bahreïn : Révoltes et répressions
28/02/11
Libye, le Chaos
Les victimes se comptent par centaines en Libye, où le pouvoir a répondu aux manifestations en ordonnant aux forces de sécurité de tirer sur la foule. Parti de Benghazi, la grande ville de l’est, le mouvement de protestation a atteint la capitale Tripoli : de violents affrontements s’y sont déroulés, dans la banlieue est. Les manifestants réclament le départ de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans, qui semble perdre ses soutiens dans l’appareil d’Etat. Plusieurs ministres, dont celui de la justice, ont démissionné et des diplomates libyens, à l’ONU, en Inde et aux Etats-Unis, se sont désolidarisés du régime. Dans une allocution aux Libyens mardi 22, le dictateur a certifié qu’il ne se retirerait pas et qu’il était prêt à mourir en martyr. Les pays occidentaux ont commencé a rapatrier leurs ressortissants.
La Libye est un des plus gros producteur de pétrole et de gaz d’Afrique. Le cours du brut a dépassé les 105 dollars le baril à Londres mardi 22 février. Le même jour, le conseil de sécurité de l’ONU a demandé la fin immédiate des violences en Libye et condamné la répression. Allant au-delà des sanctions décrétées à l’ONU, l’Union européenne a adopté un embargo sur les armes contre la Libye, un gel des comptes bancaires et des interdictions de visa contre le dictateur.
Yémen, face à face
Partisans et opposants du président Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, se font face à face dans la capitale Sanaa. Plusieurs milliers de manifestants tiennent un sit-in depuis dimanche 20 février sur la place de l’université rebaptisée place de la Libération. Le pouvoir alterne offres de dialogue et répression. Les membres du Congrès populaire général, le parti au pouvoir, sont mobilisés sur une autre place du centre-ville et se disent prêts à défendre le régime par les armes. Des affrontements entre les deux camps ont occasionné de nombreux blessés. On compte au moins 27 morts au total depuis le début des révoltes. L’opposition et les islamistes, regroupés au sein d’un forum commun, appuient les revendications des manifestants qui exigent le départ de la famille du président aux commandes de l’Etat. Al-Qaida est présent dans le sud et l’est du Yémen à une position stratégique pour contrôler le détroit d’Ormuz qui ferme le golfe persique.
Bahreïn, radicalisation
La place de la Perle, dans le centre de Manama, la capitale, est depuis samedi 19 février le centre de la contestation dans cette monarchie pétrolière peuplée seulement de 700 000 habitants. Le mouvement a commencé le 13 février quand la population, majoritairement chiite, a défilé pour demander la fin des discriminations dont elle s’estime victime de la part de la minorité sunnite au pouvoir. Le parti d’opposition a alors quitté le Parlement. Les manifestants exigent désormais le départ de la famille régnante et appellent de nouvelles manifestations massives jusqu’à la chute du régime. L’île État, qui abrite la Ve flotte de l’US Navy, est un des principaux soutiens des Etats-Unis dans le golfe persique, avec l’Arabie saoudite toute proche.
A vous de jouer :
Lybie : Kadhafi sera-t-il chassé du pouvoir avant mai 2011 ?
Le prix du baril de pétrole va-t-il passer au dessus de 130 dollars avant fin mars ?
L’Algérie peut-elle exploser ?
14/02/11
Le peuple algérien rêve d’emboîter le pas à la Tunisie et à l’Egypte et de se sortir de l’étouffant système Bouteflika. Les manifestations populaires viendront-elles à bout du régime ?
Même si les mouvements de protestations dans le monde arabe ont débuté à Tunis et au Caire, l’Algérie a déjà vécu le pire. En proie à des émeutes permanentes sur tout le territoire depuis plusieurs années, le pays a été le théâtre de nouveaux affrontement en janvier dernier. Depuis des semaines, plusieurs immolations par le feu ont eu lieu et l’Algérie vit au rythme des grèves et des émeutes qui éclatent un peu partout dans le pays. Cependant, la marche « contre le système » organisé le 12 février par la Coordination nationale pour les changements démocratiques (CNCD) n’a pas été suivie, souvent par peur de la répression féroce de la police. Le gouvernement veut montrer tout de suite que l’Algérie ne tombera pas comme l’ont fait la Tunisie et l’Egypte.
- Les manifestations populaires viendront-elles à bout du régime ?
L’Algérie a été un précurseur dans le Monde arabe. Depuis 1988, des dizaines de soulèvements sont nés tous ont été réprimé par l’armée. Dans les rues, en proie aux émeutes, toute l’Algérie se révolte. Rien, pourtant, n’avait réussi jusqu’ici à rassembler les colères sur tout le territoire. Mais avec le lancement de la marche contre le système encouragée par les succès des pays voisins, quelque chose de différent se dessine qui pourrait bien voir le départ d’Abdelaziz Bouteflika. Ainsi, malgré l’interdiction de cette marche, se soulèvent des dizaines de milliers d’Algériens qui veulent construire une autre Algérie actuellement frappée par les abus des forces de la police, la corruption, la dépendance aux cours du pétrole, le chômage et la vie chère.
Néanmoins, même si en façade l’Algérie semble unie autour de la CNCD, il n’y a pas de réelle unanimité. Certain sont catégoriquement contre les violences après une décennie de guerre civile, entre le gouvernement algérien et différents groupes islamiques. D’autres estiment que le pays rentrerait alors dans une nouvelle phase d’instabilité. L’Algérie est-elle prête pour la révolution ? Les prochains évènements nous permettrons de l’affirmer.
A vous de jouer :
Algérie : Bouteflika sera-t-il encore chef de l’Etat en avril 2011 ?
Monde Arabe : Qui sera le prochain chef de l’Etat a être renversé d’ici juin 2011 ?
Un autre dirigeant d’un pays arabe sera-t-il chassé du pouvoir avant juin 2011 ?
Révoltes dans le monde arabe : la théorie des dominos
9/02/11
On assiste à une véritable onde de choc dans le monde arabe. Ses peuples, sous l’emprise de dictatures plus ou moins manifestes, revendiquent leurs désirs de liberté. Des manifestations secouent les pays un peu partout : du Maroc au Yémen, en passant par la Jordanie. Hier la Tunisie, aujourd’hui l’Egypte, et demain ? La révolution tunisienne peut-elle se propager dans tout le monde arabe par un effet domino ?
Le 17 décembre, le jeune tunisien Mohamed Bouazizi s’immole par le feu. Diplômé mais réduit à vendre fruits et légumes dans la rue, le jeune homme venait de se faire confisquer sa marchandise par la police. La situation précaire de Mohamed Bouazizi n’était pas un cas isolé ; le taux de chômage chez les jeunes est particulièrement élevé malgré une qualification parfois importante. Déjà symbole de la contestation tunisienne, son tragique décès donne un point de départ d’un vent de révolte qui dépasse l’échelle nationale.
La révolution tunisienne qui a entraîné la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali résonne comme un appel au soulèvement dans les pays arabes où certains dirigeants sont en place depuis plus de vingt ans. Ces pays ont souvent en commun un pouvoir autoritaire sans pluralisme politique, sans liberté de la presse et syndicale. La chute du président tunisien donne un espoir de renouveau politique et économique aux peuples arabes qui aspirent à plus de liberté. L’Egypte, dont la situation politique est très proche de la Tunisie, est en ébullition. Le président Égyptien Hossni Moubarak, malgré ses mesures d’apaisement, (assouplissement des conditions de l’éligibilité, hausses des salaires et retraites de 15%…) a été contraint de quitter le pouvoir.
Le risque d’un effet domino est réel : les mouvements inédits qui ont lieu en Tunisie, en Egypte ou au Yémen peuvent facilement se propager d’un pays à l’autre par le biais des flux d’informations. Internet a joué un rôle de résonance des protestations, en permettant à la fois la diffusion des évènements et l’expression des internautes. En voyant qu’un soulèvement est possible, les peuples rassemblés craignent moins la répression.
Après la Tunisie, L’Egypte vient d’être renversée. Et après ? Il est difficile de dire si le mouvement va encore se propager. Par exemple, l’appel au rassemblement en Syrie contre « monocratie, la corruption et la tyrannie » n’a pas été suivi alors que le groupe Facebook avait rassemblé plusieurs milliers de personnes. Des situations politiques différentes rendent certains Etats moins propices au mouvements de révolte.
A vous de jouer :
Monde Arabe : Qui sera le prochain chef de l’Etat a être renversé d’ici juin 2011 ?
Algérie : Bouteflika sera-t-il encore chef de l’Etat en avril 2011 ?
Un dirigeant d’un pays nord-africain sera-t-il chassé du pouvoir avant juin 2011 ?



