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En route vers 2012
23/04/11
A un an de la présidentielle, avec la multiplication des candidatures et la montée du FN, l’hypothèse d’un nouveau « 21 avril » est de plus en plus probable.
Politologues, sondeurs et journalistes s’accordent tous à pronostiquer un nouveau « 21 avril » qu’il soit à l’endroit avec un second tour droite/FN ou à l’envers avec une finale gauche/FN. La prolifération des candidats de gauche comme de droite favorise la montée de Marine Le Pen, placée au second tour en 2012 par certains sondages. Tous les facteurs semblent donc réunis pour la réalisation du scénario du 21 avril 2002 qui avait vu l’élimination du candidat socialiste Lionel Jospin lors du second tour.
A gauche, le PS désignera son candidat à l’automne lors d’une primaire ouverte à tous les Français. Même si DSK est plébiscité par les sondages et apparaît comme l’homme providentiel capable de battre Sarkozy, sa candidature reste un mystère. Devant cette possible candidature du président du FMI, d’autres socialistes affinent leurs ambitions. C’est le cas de François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls qui ont déjà officiellement fait acte de candidature à la primaire. La première secrétaire Martine Aubry pourrait se porter candidate uniquement si DSK y renonce. Une primaire sera également organisée chez les écologistes qui désigneront qui d’Eva Joly ou Nicolas Hulot sera le meilleur représentant d’EELV dans la bataille présidentielle. Cette course à l’Elysée s’organise aussi plus à gauche, avec Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, Olivier Besancenot du NPA, ou Gérard Schivardi du Parti des travailleurs. Jean-Luc Mélanchon du Parti de Gauche sera sans doute également candidat, et devrait faire alliance avec le PCF au sein du Front de Gauche. Aussi, rien n’exclut la possible candidature de Jean Pierre Chevènement du MRC qui s’était ralliée à Ségolène Royale en 2007.
A droite, alors que Nicolas Sarkozy publie son bilan de quatre ans de présidence, les nombreuses candidatures risquent de coûter cher au président sortant. De plus en plus de sondages prédisent sa défaite au premier tour, si bien que sa candidature commence à être remise en question. Outre Dominique de Villepin qui cherche à proposer une alternative à son ennemi politique Nicolas Sarkozy, d’autres candidats de droites envisagent de s’engager dans la course présidentielle. C’est le cas notamment de Nicolas Dupont-Aigan qui n’avait pas réussi à rassembler assez de signatures en 2007 et Christine Boutin, chef de file des chrétiens démocrates qui s’était ralliée à l’UMP en 2007. Mais le danger majeur pour Nicolas Sarkozy est Jean-Louis Borloo, qui aux côtés d’Hervé Morin, tente de rassembler la famille centriste issue de l’UMP au bord de l’implosion. Il faudra aussi compter sur une candidature de François Bayrou du Modem qui avait recueilli quelques 18 % en 2007. Le FN et sa présidente, Marine le Pen, tenteront de s’imposer après leur succès aux cantonales face à une multitude de candidats, en proposant une alternative au l’UMP et au PS.
A vous de jouer :
Quels partis s’affronteront lors du second tour des présidentielles de 2012 ?
Les cantonales, dernier test électoral avant 2012
25/02/11
Même si les affrontements pour les présidentielles de 2012 ont déjà commencé, la moitié des électeurs sont appelés aux urnes pour les élections cantonales les 20 et 27 mars prochain. Les conseillers généraux des 2026 cantons concernés seront exceptionnellement élus pour trois ans au lieu de six. En effet, en 2014, ils seront remplacés par des conseillers territoriaux qui siégeront à la fois dans les assemblées départementales et régionales. Ce scrutin fera office de dernier test électoral pour le gouvernement et la majorité à un an de la présidentielle.
La Gauche vise la barre des 60 départements
Déjà à la tête de 58 départements sur 100, le PS et ses alliés peut espérer passer la barre des 60. La Gauche devra tout d’abord conforter ses majorités avant de partir à la conquête de nouveaux conseils généraux. Quatre départements sont dans le viseur du PS : la Côte-d’Or (avec 1 siège de la majorité pour la Droite), les Pyrénées-Atlantiques (1 siège), les Hautes-Alpes (2 sièges), l’Aveyron (2 sièges). Le Jura, la Loire, la Vienne, le Rhône et d’autres départements pourraient aussi tomber dans l’escarcelle socialiste en cas de vague rose.
L’UMP garde espoir
Dans un contexte national compliqué, la droite actuellement détentrices de 42 départements sur 100, aura pour principal objectif de contenir la progression socialiste. La majorité reporte ses espoirs sur l’Île de France ; outre les Yvelines et les Hauts-de-Seine, l’UMP espère pouvoir récupérer le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne. De plus, les Deux-Sèvres, la Somme, le Vaucluse, l’Ain ou l’Allier pourraient basculer à droite en cas de trop fortes divisions à gauches.
Le FN croit en une vague Marine Le Pen
Le Front National présentera près de 1500 candidats avec l’espoir d’atteindre la barre des 12,5 % pour améliorer ses 12,4 % de 2004. Avec un tel score, le FN pourrait se maintenir en triangulaires dans certains cantons du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie ou de l’est de la France et a pour objectif de se placer devant l’UMP.
L’abstention inquiète
Grande gagnante du scrutin régional en 2010 (53,67 % au premier tour), l’abstention devrait de nouveau tenir son rang cette année. Lors du dernier renouvellement cantonal, près de 37 % des électeurs ne s’étaient pas rendus aux urnes. Mais en 2008, l’élection était couplée avec les municipales ce qui a eu pour effet de booster la participation. Or, pour la première fois depuis 1994, les cantonales se déroulent sans autre scrutin local. En outre, le rendez-vous électoral semble attirer peu d’attention comparé aux prochaines élections présidentielles.
Deux départements clefs : les Hauts-de-Seine et la Corrèze
Le président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, est contesté au sein même de sa majorité. Il pourrait perdre sa place, même si un basculement à gauche est improbable.
Le PS aura une attention particulière pour la Corrèze. Un siège de perdu et François Hollande devra laisser la présidence du conseil général, qu’il occupe depuis 2008. Or, l’ancien premier secrétaire du PS a lié sa participation aux primaires à sa réélection à la tête de ce département. Cette perte est toutefois peu probable.
Dans tous les cas, le scrutin sera observé de près, car il constituera la dernière confrontation avant la présidentielle. Mais aussi parce que les conseillers généraux font partie des grands électeurs appelés à se prononcer sur le renouvellement de la moitié des sénateurs. En cas de vague rose, la droite pourrait perdre sa majorité au Sénat. Il suffirait pour cela que la gauche remporte 21 sièges.
A vous de jouer :
La Gauche sera-t-elle à la tête de plus de 60 départements à l’issue des élections cantonales ?
La Droite sera-t-elle à la tête de plus de 45 départements à l’issue des élections cantonales ?
Cantonales : Le FN dépassera-t-il les 12,5 % au 1er tour ?
Sarah Palin, maître du monde ?
29/01/11
Sarah Palin, maître du monde ? L’ancienne gouverneure de l’Alaska se prépare pour la présidentielle de 2012. Son objectif : battre Obama.

- Une du Courrier International du 27 Janvier 2011
Deux ans après avoir été porté au pouvoir par une vague d’espoir et la soif de changement, Barack Obama et son administration ont été sévèrement sanctionnés par les électeurs en novembre dernier lors des traditionnelles élections de mi-mandat. En effet, la majorité démocrate à la Chambre des représentants a été engloutie par un raz de marée républicain engendrée par une vague anti-Obama. Désormais tous les regards se portent sur le prochain rendez-vous électoral, les élections présidentielles de 2012. Le président Obama, fragilisé par l’impopularité de ses reformes, essayera sans doute de prolonger son mandat à la Maison-Blanche face au candidat républicain.
Nombre d’analystes politiques voient en Sarah Palin, colistière de John McCain lors des élections présidentielles de 2008 et ancienne gouverneure de l’Alaska, l’opposante républicaine d’Obama en 2012. Mais elle devra d’abord remporter l’investiture aux primaires du Parti Républicain, qu’elle pourrait décrocher grâce à son immense popularité dans son camp bien que les sondages lui laissent, pour l’instant, aucune chance de gagner la présidence face à Obama. Et, même si en deux ans, l’ex-candidate à la vice-présidence est devenue une personnalité politique incontournable et est magistralement installée dans le paysage médiatique américain, elle agace autant qu’elle fascine. Ses nombreuses et virulentes attaques envers le gouvernement mais aussi ses lapsus et néologismes lui font, peu à peu, perdre toute crédibilité en tant que présidentiable en font plus une provocatrice qu’une véritable candidate.
Le caractère le plus remarquable dans la trajectoire de Sarah Palin depuis 2008, c’est la dérive progressive de son positionnement vers la droite. Autrefois une républicaine modérée, elle est aujourd’hui beaucoup plus ouvertement conservatrice. En surfant habilement sur la vague anti-Obama, Palin a su faire des choix stratégiques et a surtout su anticiper et instrumentaliser la montée du Tea-Party. Son idéologie, à droite toute, basée sur des principes nationalistes, familiaux et religieux pourrait séduire une majorité d’Américain touchés de plein fouet par la crise, le chômage et déçu par la politique d’Obama.
Bien que sa popularité s’accroit dans le camp conservateur comme dans tous les Etats-Unis, elle préfère laisser encore planer le doute sur ses intentions pour 2012.
« Sarah Palin, maître du monde ? Vous allez penser que nous exagérons. Pourtant, à moins de deux ans de la présidentielle américaine, il ne faut pas sous-estimer l’ex-gouverneure de l’Alaska. Beaucoup d’électeurs peuvent être tentés, après l’expérience de l’intellectuel noir Obama, de placer à la Maison-Blanche un tout autre modèle. Quelqu’un de très blanc, très américain, très simple, très rassurant. Et très inquiétant, bien sûr. » Extrait de l’EDITO de Philippe Thureau-Dangin pour Courrier International du 27 Janvier 2011
A vous de jouer :
Sarah Palin sera-t-elle le prochain président des Etats-Unis ?
Qui sera le candidat républicain aux élections présidentielles de 2012 ?
Elections de mi-mandat : rendez-vous périlleux pour les démocrates
29/10/10

Le 2 novembre prochain ont lieu les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Il s’agit deux ans après l’élection du président de renouveler la Chambre des Représentants, un tiers du Sénat et le mandat de certains gouverneurs. Le scrutin prévoit d’être sévère pour les démocrates.
Les élections de mi-mandat sont souvent un passage délicat pour les présidents Américains. Cette fois-ci ne dérogera pas à la règle. Les Américains voteront mardi prochain pour renouveler la Chambre des Représentants jusque-là majoritairement démocrate (255 démocrates contre 178 républicains), ainsi qu’un bon tiers des sénateurs élus pour 6 ans. D’autres scrutins auront lieux dans certains Etats pour élire gouverneurs et élus locaux.
Un vote contre le chef de l’Etat
A en croire les récents sondages, les démocrates ont déjà perdu. Les votes n’exprimeront pas tant la volonté de redonner le pouvoir aux Républicains que la contestation du président actuel. Barack Obama, au plus bas dans les sondages (48 % d’opinions favorables), n’a pu éviter de se faire des ennemis au cours de ses deux années de mandat. Arrivé au pouvoir en pleine crise économique en 2008, le président démocrate doit encore faire face à un taux de chômage frôlant les 10%, une dette en perpétuelle augmentation et un taux de pauvreté en progression. Le capital popularité du président s’est réduit au fil de ses interventions : la réforme du système de santé impopulaire, la prise de position controversée dans la polémique du Ground Zero, le plan d’action contre la marée noire jugé inefficace…
Les républicains séduits deux ans plus tôt par le message d’espoir envoyé par le premier président noir retournent dans leur camps déterminés à lui montrer leur mécontentement.
Alors, quelle sanction ?
La question est de savoir jusqu’où ira la revanche républicaine. « Les Republicains arrivent » prévient The New Republic dans son édition du 28 octobre. Le Los Angeles Times envisage trois scénarios possibles. Le premier verrait les démocrates freiner l’hémorragie au point de réussir à garder le contrôle au Congrès. Le deuxième accorde la Chambre des représentants aux républicains, mais le Sénat aux démocrates (le Sénat n’etant renouvelé qu’au tiers). Enfin, le pire scénario pour les démocrates serait une majorité républicaine dans les deux chambres. Le moins que l’on puisse dire est que le scrutin s’annonce périlleux pour les démocrates.
Le Tea Party s’invite au rapport de force
Le mouvement du Tea Party, né au début de la présidence d’Obama, est décidé à se faire entendre à l’occasion de ce scrutin. Profondément opposés au gouvernement en place, ses partisans ultra-conservateurs estiment que le pays sombre de plus en plus dans un «socialisme» qui ne lui ressemble pas et en tiennent l’actuel président pour responsable. Si le Tea Party canalise la ferveur contre le gouvernement du côté républicain, le mouvement se révèle être une épée à double tranchant. Ce fut notamment le cas lors des primaire républicaines pour l’Etat du Delaware, à l’occasion desquelles la Christine O’Donnell, proche du Tea Party, a battu le représentant au Congrès Mike Castle.

Qui remplacera Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie ?
Après sept années passés sous la direction du gouverneur Arnold Schwarzenegger, les Californiens sont appelés aux urnes pour élire son successeur. L’enjeu est important car la Californie est l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, mais c’est aussi l’un des Etats le plus durement touché par la crise économique avec un taux de chômage particulièrement élevé (13% soit 3,5 points de plus que la moyenne nationale). Jerry Brown, candidat démocrate de 72 ans, ancien maire d’Oakland déjà élu gouverneur à deux reprises est opposé à Meg Whitman, candidate républicaine de 54 ans, milliardaire et ancienne PDG d’Ebay. A une semaine de l’élection, les sondages montrent que la tendance est favorable au candidat démocrate.
Christine O’Donnell sera-t-elle élue au Delaware ?
Christine O’Donnell est la candidate républicaine soutenue par le Tea Party pour l’élection sénatoriale de novembre 2010 au Delaware. La candidate républicaine est remarquée pour ses propositions extrêmes comme la criminalisation de la masturbation et de l’adultère, l’interdiction de l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, ou encore la suppression de l’impôt sur le revenu.
O’Donnell a certes largement battu le candidat républicain modéré lors des primaires du Delaware, mais les sondages lui prédisent de faibles chances d’election face au démocrate Chris Coons. Son extrémisme risque d’effrayer les électeurs républicains modérés qui préféreraient alors voter pour le candidat démocrate. Mais O’Donnell promet une surprise : « Ne sous-estimez jamais le pouvoir du peuple. »
A vous de jouer :
Qui aura la majorité à la Chambre des représentant à l’issue des élections de mi-mandat aux EU ?
Qui aura la majorité au Sénat à l’issue des élections de mi-mandat aux États-Unis ?
Qui remplacera Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie ?
Elections de mi-mandat (EU) : Combien de sièges remporteront les candidats du Tea Party au Sénat ?
Dilma Rousseff peut-elle perdre les présidentielles brésiliennes ?
28/10/10
Les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes dimanche pour désigner le successeur du président Lula.
Un second tour, un revers ?
Contre toute attente, la candidate Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT), n’a pas été élue dès le 1er tour de l’élection présidentielle au Brésil. La dauphine et ancienne directrice de cabinet du très populaire président Lula a obtenu 46,91% de suffrages favorables et a été ainsi mise en ballotage par le social-démocrate (PSDB) José Serra fort de ses 32,61%.
La campagne du second tour a mal commencé pour Dilma Rousseff dont l’avance sur son adversaire, José Serra se réduit. Convaincue de l’emporter au premier tour, l’ancienne ministre a sous-estimé l’impact des révélations sur sa vie privée et des accusations dont elle fut victime. L’intervention des courants catholiques et évangélistes en faveur du candidat social-démocrate vient encore désorganiser sa campagne électorale.
Une avance confortable
Le recul de Dilma Roussef doit cependant être nuancé. Un sondage de l’institut Datafolha diffusé mardi soir donnait encore un écart de 12 points entre les deux candidats, créditant Dilma Roussef de 56% des voix contre 44% pour Serra.
L’enjeu du second tour sera aussi d’attirer les 20 % d’électeurs du Parti vert qui ont voté pour Marina Silva. Malgré son passé au PT et au gouvernement Lula, celle-ci a refusé de soutenir Dilma Rousseff et laisse donc ses électeurs décider seuls de l’issue de l’élection.
A vous de jouer :
Dilma Rousseff sera-t-elle élue au second tour des élections présidentielles au Brésil ?




