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Révoltes dans le monde arabe : la théorie des dominos
9/02/11
On assiste à une véritable onde de choc dans le monde arabe. Ses peuples, sous l’emprise de dictatures plus ou moins manifestes, revendiquent leurs désirs de liberté. Des manifestations secouent les pays un peu partout : du Maroc au Yémen, en passant par la Jordanie. Hier la Tunisie, aujourd’hui l’Egypte, et demain ? La révolution tunisienne peut-elle se propager dans tout le monde arabe par un effet domino ?
Le 17 décembre, le jeune tunisien Mohamed Bouazizi s’immole par le feu. Diplômé mais réduit à vendre fruits et légumes dans la rue, le jeune homme venait de se faire confisquer sa marchandise par la police. La situation précaire de Mohamed Bouazizi n’était pas un cas isolé ; le taux de chômage chez les jeunes est particulièrement élevé malgré une qualification parfois importante. Déjà symbole de la contestation tunisienne, son tragique décès donne un point de départ d’un vent de révolte qui dépasse l’échelle nationale.
La révolution tunisienne qui a entraîné la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali résonne comme un appel au soulèvement dans les pays arabes où certains dirigeants sont en place depuis plus de vingt ans. Ces pays ont souvent en commun un pouvoir autoritaire sans pluralisme politique, sans liberté de la presse et syndicale. La chute du président tunisien donne un espoir de renouveau politique et économique aux peuples arabes qui aspirent à plus de liberté. L’Egypte, dont la situation politique est très proche de la Tunisie, est en ébullition. Le président Égyptien Hossni Moubarak, malgré ses mesures d’apaisement, (assouplissement des conditions de l’éligibilité, hausses des salaires et retraites de 15%…) a été contraint de quitter le pouvoir.
Le risque d’un effet domino est réel : les mouvements inédits qui ont lieu en Tunisie, en Egypte ou au Yémen peuvent facilement se propager d’un pays à l’autre par le biais des flux d’informations. Internet a joué un rôle de résonance des protestations, en permettant à la fois la diffusion des évènements et l’expression des internautes. En voyant qu’un soulèvement est possible, les peuples rassemblés craignent moins la répression.
Après la Tunisie, L’Egypte vient d’être renversée. Et après ? Il est difficile de dire si le mouvement va encore se propager. Par exemple, l’appel au rassemblement en Syrie contre « monocratie, la corruption et la tyrannie » n’a pas été suivi alors que le groupe Facebook avait rassemblé plusieurs milliers de personnes. Des situations politiques différentes rendent certains Etats moins propices au mouvements de révolte.
A vous de jouer :
Monde Arabe : Qui sera le prochain chef de l’Etat a être renversé d’ici juin 2011 ?
Algérie : Bouteflika sera-t-il encore chef de l’Etat en avril 2011 ?
Un dirigeant d’un pays nord-africain sera-t-il chassé du pouvoir avant juin 2011 ?


