Octave
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Article par Octave
2012, le monde aux urnes
25/01/12
Il n’y a pas qu’en France et aux Etats-Unis. En 2012, les électeurs seront appelés aux urnes dans plus de 50 pays pour élire leurs dirigeants. Le fait qu’Albanais, Sénégalais, Timorais, Mongols ou Salvadoriens votent ne changera certes pas la face du monde. Mais cette avancé de la démocratie souffre toujours de quelques exceptions.
En 2012, le pays le plus peuplé du monde changera pourtant de de dirigeants, mais les Chinois n’y seront pour rien. Les décisions ont déjà été prises dans le secret des instances dirigeantes du Parti communiste. En octobre, un congrès le confirmera, puis un nouveau président sera désigné pour remplacer Hu Jintao. Aucun suspense : il s’agit de l’actuel vice-président Xi Jinping.
Cette année, le monde aura les yeux tournés vers Washington, aux Etats-Unis, où la présidentielle se déroulera le 6 novembre. Qui sera le challenger de Barack Obama ? Au premier semestre, les électeurs républicains le désigneront lors des primaires qui devraient départager les 7 candidats. Obama sera-t-il réélu ? Sa côte de popularité n’est pas très élevée, mais le radicalisme droitier des républicains est sans doute son meilleur allié.
En mars, la Russie votera pour élire… Poutine, même si la contestation se développe de manière inattendue. Une dizaine de pays d’Europe, surtout à l’est, iront aux urnes. Mais c’est le scrutin grec qui sera observé avec le plus d’attention. Prévues pour février, les législatives seront vraisemblablement repoussées de quelques mois. Les Grecs devront alors se prononcer sur l’actuelle coalition arrivée au pouvoir sous la pression des marchés et des Européens pour mener une politique d’austérité.
En Amérique latine, le président vénézuélien Hugo Chavez remettra son mandat en jeu et un nouveau président sera élu au Mexique.
Le printemps arabe poursuivra sa route. En Egypte, le processus électoral, qui s’étend sur plusieurs mois, s’achèvera cette année, mais les islamistes de diverses obédiences sont assurés d’obtenir une forte majorité. Le Yémen peut espérer sortir de sa crise en élisant un nouveau président en février. Enfin, des législatives auront lieu en Iran et en Algérie, qui permettront de mesurer jusqu’à quel point les pouvoirs contrôlent encore leur population.
En 2012, il va s’en passer des choses !
31/12/11
Alors que l’année 2011 s’annonçait comme une année en suspens, elle s’est révélée être une année explosive. 2012, c’est certain, sera passionnante !
En 2012, nous aurons droit à une campagne présidentielle haletante aux Etats-Unis en France et en Russie.
En 2012, nous aurons également une Chine à la direction renouvelée, où la génération des ingénieurs à l’instar de Hu Jintao, laissera place à des juristes et à des économistes.
En 2012 encore, nous pourrons aller à Londres assister à des Jeux Olympiques qui s’annoncent brillants.
En 2012 enfin, les Allemands aussi se mettront en campagne pour les législatives du printemps suivant.
Et si vous trouvez ce programme maigre, attendez un peu pour voir. Je vous parie qu’en 2012, il va s’en passer des choses.
Predicti vous souhaite une excellente année 2012, pleine de succès et de surprises.
DSK, le retour ?
17/07/11
Devant une majorité de Français douteuse sur ses chances de revenir en politique, le nouveau statut de DSK reste encore difficile à cerner. Quel rôle jouera-t-il dans les primaires socialistes et dans la présidentielle de 2012 ?
Alors que depuis deux ans, le Parti socialiste vivait dans l’attente de DSK, le présidentiable déchu et l’ex-idole des sondages a aujourd’hui face à lui une opinion sceptique sur ses chances de retour dans le jeu politique.
Ce doute s’explique tout d’abord par le caractère non définitif de la séance du 1er juillet : même si l’ancien directeur du FMI se dirige à grands pas vers le non-lieu, il n’est pas encore totalement blanchi. Mais surtout, quelle que soit l’issue de l’affaire DSK, une partie de l’opinion semble réticente après un feuilleton qui a mis en lumière son rapport insistant avec les femmes et son train de vie hors-norme.
DSK quitte le tribunal de Manhattan le 1er juillet, qui vient de lever son assignation à résidence
Même si DSK peut sortir blanchi de cette épreuve, il n’en sortira pas indemne. Il lui sera difficile de remonter au front une fois le combat judiciaire gagné. Dans sa longue carrière, faite de grands hauts et d’importants plongeons, il a montré que les ressorts de son ambition ne se détendaient jamais très longtemps. Il avait déjà été attaqué au sein de la famille socialiste en 2000, s’en est sorti et a vite retrouvé l’ivresse de la conquête.
Mais aujourd’hui le problème est différent : c’est sa vie intime qui a été attaquée. Ainsi, ceux qui dans son entourage le voient déjà revenir aux avant-postes ne semblent pas prendre conscience de ce facteur personnel qui sera décisif. La date de son retour sème aussi le doute même si même si on s’attend à le revoir en France avant fin août.
Revenir, c’est aussi bousculer tous ceux qui, au PS, ont été contraints d’improviser sans lui. Au premier plan, Martine Aubry qui s’était un moment écartée avant de revenir dans la course à la primaire pour devenir une candidate de substitution. Pour s’imposer au début de l’année comme le meilleur présidentiable du PS, DSK s’était appuyé sur les sondages très favorables. Les partisans de DSK rappellent ainsi qu’il serait insensé de se priver du meilleur candidat PS, et demandent une candidature exceptionnelle aux primaires après la date limite de dépôt.
L’éprouvante mise en accusation de DSK face à la justice américaine et sa probable arrivée tardive pour les primaires PS rendent donc son avenir politique très incertain. Toutefois, même sans jouer un rôle direct dans la campagne, l’ex-directeur du FMI peut compter sur des soutiens au sein du PS et continuer à influencer le parti. Pour les présidentielles, il pourrait apporter son soutien à Martine Aubry, ce qui permettrait de ressouder les deux camps. Une chose est sûre : l’affaire DSK n’a pas fini de rebondir et l’ombre de DSK risque de peser sur l’échéance de 2012.
A vous de jouer :
DSK sera-t-il de retour en France avant le 15 août ?
Les verts prêts pour la chancellerie allemande
1/07/11
Pour la première fois, un sondage laisse envisager l’accession d’un écologiste à la tête de l’Allemagne en 2013.
Le prochain chancelier allemand, après les élections de 2013 sera-t-il écologiste ? Ce n’est pas impossible. A deux ans et demi du scrutin, les Verts bouleversent la donne politique outre-Rhin et force les autres partis à se positionner par rapport à son thème de prédilection : le nucléaire. Dix ans après un premier succès en réussissant en 2000 à convaincre le Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Gerhard Schröder d’abandonner l’énergie nucléaire, les Verts sont en train de renouveler l’exploit. Angela Merkel, qui avait été élue en 2009 sur la promesse du maintien du nucléaire, opère en effet un spectaculaire revirement en annonçant sa sortie au plus vite d’ici 2022.

Des militants du parti écologiste Bundnis 90-Die Grünen fêtent leur victoire dans le Bade-Wurtemberg lors des régionales du 27 mars dernier.
L’irrésistible montée des Verts, passés d’un groupuscule de militants à un parti capable de plaire à une majorité d’Allemand, s’explique par certains comme un effet Fukushima ou par d’autres comme un véritable vote d’adhésion. L’intronisation de Winfried Kretschmann, premier président vert du Bade-Wurtemberg, permet aux Verts de croire à la chancellerie. Les écolos et les socialistes réunis font 10 points de plus que les chrétiens-démocrates de Merkel et 3 de plus que la coalition conservatrice qui tenait le Land depuis plus de cinquante ans.
Les sondages donnent désormais l’opposition (SPD et Die Grünen) gagnante face à Merkel aux prochaines législatives de 2013 avec 51 % contre 34 % pour la coalition gouvernementale (CDU/CSU et FDP). Les Verts sont en tête des intentions de vote avec 28 %, ce qui les place aux postes de commande du futur gouvernement de coalition avec le SPD.
Les cartes rebattues pour 2012
2/06/11
A un an de la présidentielle, le paysage politique français a basculé. A gauche comme à droite, l’affaire DSK oblige les candidats à l’Elysée à modifier leurs plans et stratégies de campagne. Comment les cartes seront-elles rebattues ? A qui profite l’éviction de DSK ? Tour d’horizon des nouvelles stratégies des candidats.

François Hollande, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Ségolène Royal rassemblés le 28 mai pour adopter le projet socialiste.
Martine Aubry
Après l’éviction de DSK, qui apparaît pour les socialistes comme un véritable coup de tonnerre, la première secrétaire du PS est placée dans une position de candidate naturelle pour la primaire alors qu’elle avait semblé laisser Strauss-Kahn y aller. Depuis des semaines, la gauche du parti la pousse à se présenter. Et les strauss-kahniens pourraient bien se ranger derrière elle par effet anti-Hollande et par reconnaissance de son respect du pacte établi entre elle et DSK. Ayant la légitimité de ses fonctions, elle pourrait annoncer sa candidature après une période de décence suite à l’arrestation de DSK.
François Hollande
Pour François Hollande, la sortie de route de DSK n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Hollande qui était le challenger, l’outsider devient à présent le favori dans la course à l’Elysée. Toutefois, depuis deux mois, c’est le duel avec le directeur du FMI qui lui a permis de hisser son statut de présidentiable et de doubler Martine Aubry dans les sondages. Hollande qui était le plan B peine encore à se faire accepter au PS comme le plan A. L’enjeu pour Hollande consiste donc à profiter du tumulte ambiant chez les socialistes pour se détacher du peloton et s’attirer de nouveaux soutiens au sein du parti. Mais, en fin connaisseur d’un parti qu’il a dirigé, il peut s’appuyer sur le puissant réseau des barons locaux. Candidat d’une gauche réaliste, il peut récupérer les électeurs en mal de DSK.
Ségolène Royal
Candidate annoncée à la primaire, elle semblait condamnée à un rôle de figuration. Mais la disparition probable du principal candidat lui redonne de l’espace. Royal compte bien se poser en recours et refaire son retard dans les sondages. Ses partisans y croient ; pour eux, son volontarisme et son habile communication peuvent faire la différence. Mais son retard dans les sondages reste important, elle ne dispose que de 4 mois pour se rattraper et faire renaître l’espoir de 2007.
Laurent Fabius
Arrivé troisième à la primaire PS pour 2007, Laurent Fabius avait fait une croix sur 2012. En accord avec Martine Aubry et DSK, l’ancien Premier Ministre laissait présager qu’il soutiendrait l’un ou l’autre. DSK éliminé, Fabius pourrait alors soutenir la première secrétaire, mais il se refuse à avancer une quelconque hypothèse. Mais si Aubry ne se présente pas, Fabius pourrait faire office de recours pour les anti-Hollande.
Jean-Louis Borloo
La nouvelle équation de 2012 sans DSK ouvre un espace politique aux centristes. Les récentes enquêtes de popularité montrent que DSK bénéficiait, jusqu’ici, auprès de l’électorat centriste, d’une meilleure image que les autres candidats socialistes potentiels. Avec la mise hors-jeu de DSK, Jean-Louis Borloo tout comme François Bayrou peuvent espérer recupérer ces électeurs. Plus le candidat socialiste potentiel est de gauche, plus les candidats centristes sont crédités de plus fortes intentions de votes. Mais pour Borloo, l’enjeu est plus de fédérer les antisarkozystes de droite que de gagner sur le PS des électeurs du premier tour.
Nicolas Sarkozy
Même si la chute de DSK est vécue à l’Elysée comme une excellente nouvelle et permet au président de respirer un peu, le directeur général du FMI n’aurait pas été l’adversaire le plus dangereux pour Sarkozy. Son rapport à l’argent et aux femmes le plaçait en candidat vulnérable et donc idéal pour Nicolas Sarkozy. Pour lui, l’adversaire le plus menaçant serait François Hollande qui se présente à l’inverse en « homme normal » et candidat « du terroir ». D’autre part, la crise ouverte au FMI n’est pas une très bonne nouvelle pour le chef de l’Etat car va compliquer l’organisation du futur G8 et pourrait réveiller les spéculations des marchés financiers contre la Grèce. Quoi qu’il en soit, l’affaire DSK peut temporairement favoriser Nicolas Sarkozy dans la mesure ou elle désorganise les candidatures socialistes.
Marine Le Pen
La chute de DSK n’offre pas de boulevard conséquent pour le Front national car la candidature Strauss-Kahn réunissait tous les ingrédients rejetés par l’extrême droite : un homme de gauche, riche, symbole de l’élite internationale. Les théories du complot peuvent aussi conforter l’électorat du FN dans son rejet de la classe politique. Même si Marine Le Pen est restée jusqu’à présent assez sobre en s’indignant simplement de la mauvaise image de la France donnée par l’affaire DSK, il lui suffit d’afficher un peu moins de retenue dans ses propos pour faire entendre sa différence avec l‘Elysée et l’UMP. Reste que la mise hors-jeu de DSK prive le FN d’un scénario plutôt favorable d’un second tour opposant DSK à Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon ayant tout fait pour discréditer une candidature Strauss-Kahn, cette opposition lui avait ouvert un espace électoral important sur la gauche. DSK hors jeu, Mélenchon pourrait vouloir défier Hollande qui, plus qu’Aubry, incarne une social-démocratie libérale. Mais depuis la montée de Hollande, Mélenchon n’attaque pas son ancien premier secrétaire d’une même virulence que l’ex-directeur général du FMI.



