Archives pour juin, 2011
Predicti, un site qui a de l’avenir !
4/06/11
La mise à jour du 4 juin fait du site Predicti un véritable marché prédictif, à la fois simple et performant. Concrètement, qu’est-ce qui change ?
Jusqu’à présent, il fallait utiliser des étoiles gagnées chaque jour pour placer ses prédictions sur l’actualité. A présent, une monnaie virtuelle, les Predz, vous permet d’acheter et de vendre des titres correspondant aux options possibles. Cela signifie des possibilités infinies pour les joueurs : il n’y a pas de limite d’achat et les prises de risque peuvent être importantes selon le style de jeu.
Certains aimeront faire leurs prédictions comme ils ont pris l’habitude de le faire sur Predicti, et tenteront leur chance pour gagner des Predz (les titres d’une prédiction accomplie rapportent 100 Predz chacun). D’autres s’essaieront au jeu de la spéculation pour tenter faire des plus-values.

J’évoquais dans un article précédent le potentiel des marchés prédictifs comme alternative aux sondages. La mise à jour récente de Predicti permet d’exploiter pleinement ce potentiel. Le nouveau système laisse libre cours aux lois du marchés qui formeront naturellement un équilibre sensé entre les différents possibles. De plus, comme chacun peut acheter et vendre à chaque instant ses titres, les données sont très réactives et s’ajustent en permanence. L’ajout de graphiques montrant l’évolution des cours semblait un élément incontournable pour observer les évolutions en temps réel.
Plus que jamais, Predicti peut recueillir le fruit de l’intelligence collective des joueurs nous faire explorer le futur !
Les cartes rebattues pour 2012
2/06/11
A un an de la présidentielle, le paysage politique français a basculé. A gauche comme à droite, l’affaire DSK oblige les candidats à l’Elysée à modifier leurs plans et stratégies de campagne. Comment les cartes seront-elles rebattues ? A qui profite l’éviction de DSK ? Tour d’horizon des nouvelles stratégies des candidats.

François Hollande, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Ségolène Royal rassemblés le 28 mai pour adopter le projet socialiste.
Martine Aubry
Après l’éviction de DSK, qui apparaît pour les socialistes comme un véritable coup de tonnerre, la première secrétaire du PS est placée dans une position de candidate naturelle pour la primaire alors qu’elle avait semblé laisser Strauss-Kahn y aller. Depuis des semaines, la gauche du parti la pousse à se présenter. Et les strauss-kahniens pourraient bien se ranger derrière elle par effet anti-Hollande et par reconnaissance de son respect du pacte établi entre elle et DSK. Ayant la légitimité de ses fonctions, elle pourrait annoncer sa candidature après une période de décence suite à l’arrestation de DSK.
François Hollande
Pour François Hollande, la sortie de route de DSK n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Hollande qui était le challenger, l’outsider devient à présent le favori dans la course à l’Elysée. Toutefois, depuis deux mois, c’est le duel avec le directeur du FMI qui lui a permis de hisser son statut de présidentiable et de doubler Martine Aubry dans les sondages. Hollande qui était le plan B peine encore à se faire accepter au PS comme le plan A. L’enjeu pour Hollande consiste donc à profiter du tumulte ambiant chez les socialistes pour se détacher du peloton et s’attirer de nouveaux soutiens au sein du parti. Mais, en fin connaisseur d’un parti qu’il a dirigé, il peut s’appuyer sur le puissant réseau des barons locaux. Candidat d’une gauche réaliste, il peut récupérer les électeurs en mal de DSK.
Ségolène Royal
Candidate annoncée à la primaire, elle semblait condamnée à un rôle de figuration. Mais la disparition probable du principal candidat lui redonne de l’espace. Royal compte bien se poser en recours et refaire son retard dans les sondages. Ses partisans y croient ; pour eux, son volontarisme et son habile communication peuvent faire la différence. Mais son retard dans les sondages reste important, elle ne dispose que de 4 mois pour se rattraper et faire renaître l’espoir de 2007.
Laurent Fabius
Arrivé troisième à la primaire PS pour 2007, Laurent Fabius avait fait une croix sur 2012. En accord avec Martine Aubry et DSK, l’ancien Premier Ministre laissait présager qu’il soutiendrait l’un ou l’autre. DSK éliminé, Fabius pourrait alors soutenir la première secrétaire, mais il se refuse à avancer une quelconque hypothèse. Mais si Aubry ne se présente pas, Fabius pourrait faire office de recours pour les anti-Hollande.
Jean-Louis Borloo
La nouvelle équation de 2012 sans DSK ouvre un espace politique aux centristes. Les récentes enquêtes de popularité montrent que DSK bénéficiait, jusqu’ici, auprès de l’électorat centriste, d’une meilleure image que les autres candidats socialistes potentiels. Avec la mise hors-jeu de DSK, Jean-Louis Borloo tout comme François Bayrou peuvent espérer recupérer ces électeurs. Plus le candidat socialiste potentiel est de gauche, plus les candidats centristes sont crédités de plus fortes intentions de votes. Mais pour Borloo, l’enjeu est plus de fédérer les antisarkozystes de droite que de gagner sur le PS des électeurs du premier tour.
Nicolas Sarkozy
Même si la chute de DSK est vécue à l’Elysée comme une excellente nouvelle et permet au président de respirer un peu, le directeur général du FMI n’aurait pas été l’adversaire le plus dangereux pour Sarkozy. Son rapport à l’argent et aux femmes le plaçait en candidat vulnérable et donc idéal pour Nicolas Sarkozy. Pour lui, l’adversaire le plus menaçant serait François Hollande qui se présente à l’inverse en « homme normal » et candidat « du terroir ». D’autre part, la crise ouverte au FMI n’est pas une très bonne nouvelle pour le chef de l’Etat car va compliquer l’organisation du futur G8 et pourrait réveiller les spéculations des marchés financiers contre la Grèce. Quoi qu’il en soit, l’affaire DSK peut temporairement favoriser Nicolas Sarkozy dans la mesure ou elle désorganise les candidatures socialistes.
Marine Le Pen
La chute de DSK n’offre pas de boulevard conséquent pour le Front national car la candidature Strauss-Kahn réunissait tous les ingrédients rejetés par l’extrême droite : un homme de gauche, riche, symbole de l’élite internationale. Les théories du complot peuvent aussi conforter l’électorat du FN dans son rejet de la classe politique. Même si Marine Le Pen est restée jusqu’à présent assez sobre en s’indignant simplement de la mauvaise image de la France donnée par l’affaire DSK, il lui suffit d’afficher un peu moins de retenue dans ses propos pour faire entendre sa différence avec l‘Elysée et l’UMP. Reste que la mise hors-jeu de DSK prive le FN d’un scénario plutôt favorable d’un second tour opposant DSK à Marine Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon ayant tout fait pour discréditer une candidature Strauss-Kahn, cette opposition lui avait ouvert un espace électoral important sur la gauche. DSK hors jeu, Mélenchon pourrait vouloir défier Hollande qui, plus qu’Aubry, incarne une social-démocratie libérale. Mais depuis la montée de Hollande, Mélenchon n’attaque pas son ancien premier secrétaire d’une même virulence que l’ex-directeur général du FMI.


